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Développer l'estime de soi

Bien être à l'école : Estime de soi
© robert kneschke / adobe stock
Et si le bien-être à l’école passait par l’apprentissage de l’estime de soi ? Et si pour apprendre correctement, le lien enseignant/élève se devait d’être harmonieux et bienveillant ? Et si, en plus des enseignements classiques, apprendre aux enfants à reconnaitre et exprimer leurs émotions en était la clé de voûte ?

Traditionnellement, lorsqu’un professeur a un souci avec un élève qui est dissipé ou n’écoute pas, celui-ci lui demande d’arrêter, voire le puni. Ces comportements sont dus à une méconnaissance des découvertes des sciences cognitives de la part du corps enseignant. En effet, on a longtemps pensé que punir ou humilier un enfant permettait de le faire progresser alors que, d’après les neurosciences, c’est tout le contraire. Rebecca Waller de l’Université d’Oxford a examiné 30 cas qui étudiaient les éducations punitives et sévères chez les enfants et les adolescents. Elle a montré que contrairement à ce que l’on pensait, ce genre de pratiques les rend plus durs, insensibles, anxieux, dépressifs, violents ou délinquants. Les éducations punitives ont donc l’effet inverse que ce que l’on croyait.

Vers une éducation bienveillante

Les maitres sont formés pour transmettre des savoirs mais n’ont guère appris l’importance de la qualité de la relation. Résultat, à partir du moment où l’on dit à un enfant que ce qu’il fait n’est pas bien, que ses notes sont mauvaises l’envie d’apprendre s’estompe. « Il y a des techniques prouvées scientifiquement pour apprendre », nous explique la pédiatre Catherine Gueguen. "Il s’agit des techniques psycho-émotionnelles qui viennent des neurosciences affectives et sociales. Celles-ci sont très différentes des neurosciences cognitives. Ces dernières sont apparues dans les années 70 et étudient les mécanismes cérébraux et l’apprentissage. Les neurosciences affectives et sociales, quant à elles, sont très récentes : elles datent de la fin du XXe siècle et étudient les mécanismes cérébraux des émotions et des relations affectives et sociales. Un élève qui ne se sent pas bien à l’école faute d’une mésentente avec son enseignant, est bien souvent confronté à l’échec scolaire. En revanche, lorsqu’il est félicité et encouragé, l’enfant apprend beaucoup mieux. Lorsqu’un adulte est empathique, bienveillant, soutenant et encourageant, on remarque que l’hippocampe qui gère apprentissage et mémoire se développe harmonieusement. A l’inverse, si l’on dévalorise un enfant, cet hippocampe va diminuer de volume et les apprentissages seront plus difficiles. L’écoute et la compréhension sont essentielles.Le dénigrement est donc à bannir. En effet, il laisse croire à l’enfant qu’il ne possède aucune valeur, aucune compétence. C’est ainsi que dans un climat de bienveillance, l’enseignant doit encourager l’enfant, et ce, même s’il s’est trompé. Lui dire "Bravo je vois que tu as fais beaucoup d’efforts pour apprendre telle ou telle chose, pour faire un devoir, un dessin…"".

"L’enfant voit que ses capacités sont malléables et perfectibles et qu’il est dépendant de l’effort qu’il fournit" explique Catherine Gueguen et de...

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1 commentaire(s)

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mer, 26/09/2018 - 15:21
syleric - Enseignant(e)