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L'évaluation en questions

Blanche Lochmann et Charles Hadji
Charles Hadji et Blanche Lochmann
Le débat sur l'évaluation n'en finit pas de faire réagir (souvent de manière trop passionnelle) aussi bien dans la classe politique que du côté des enseignants et des parents. Charles Hadji, professeur émérite de Sciences de l'Education, et Blanche Lochmann, présidente de la Société des Agrégés, ont confronté leurs idées sur ce sujet.

(Les interviews ont été réalisées séparément)

Lea : Quel est l'intérêt de l'évaluation ?

Charles Hadji : L’intérêt essentiel de l’évaluation est d’apporter des informations précises sur la situation d’un élève par référence à des objectifs d’apprentissage définis, informations permettant de formuler un jugement appréciatif (jugement d’acceptabilité) sur sa situation. L’évaluation permet ainsi d’apporter un retour constructif à l’élève.

Par exemple : on veut savoir si tel élève de CM2 est capable de dégager le thème d’un texte. On soumet cet élève à des tâches de lecture d’un texte en lui demandant d'en restituer l’essentiel. En fonction des particularités de la restitution faite par l’élève celui-ci pourra être positionné sur une échelle de positionnement (ou progrès) comportant 4 degrés (ex : objectif non atteint ; partiellement atteint ; atteint ; dépassé).

Blanche Lochmann : L’évaluation est un outil au service de l’enseignement, un instrument de mesure qui permet de diagnostiquer pour agir. Pour l'élève, elle permet de savoir où il en est, de connaitre sur un exercice donné ses forces et ses faiblesses. Pour le professeur, elle donne une idée précise des difficultés et des succès de ses élèves et donc de s’interroger lui-même sur l’efficacité de son enseignement. Pour le système éducatif, une évaluation objective et précise doit permettre d’analyser les forces et les faiblesses de ce système. Dans tous les cas il s'agit de diagnostiquer les problèmes et trouver les solutions adaptées.

Lea : Est-ce judicieux de remplacer les notes par des lettres ou des couleurs ?

C.H : Cette question n’a pas de réponse dans l’absolu. En effet tout dépend, pour l’essentiel, de l’accompagnement, ou non, de cette mesure, par d’autres changements. Si rien d’autre ne change au niveau du travail qui permet à l’enseignant/évaluateur de recueillir les données sur lesquelles il se fondera pour attribuer une note, cela risque de n’être qu’un changement de surface, sans grande conséquence positive. En revanche, si la mise en place du nouveau système (lettres ou couleurs) s’accompagne d’une rationalisation du travail de prélèvement d’informations pour l’évaluation, alors le passage aux lettres ou couleurs peut apporter un "plus". Car toutes choses étant égales par ailleurs, une échelle à nombre réduit d’échelons (de 4 à 6) permet un positionnement plus clair et plus lisible des élèves. Un système de notation de 0 à 20 a souvent pour effet de répartir les élèves en trois tiers (ce qu’André Antibi appelle la "constante macabre")....

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