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"Science sans conscience n’est que ruine de l’âme"

couverture de l'ouvrage "Crises des programmes scolaires : vers une école de la conscience !"
Rencontre avec Roger-François Gauthier, auteur de l'ouvrage "Crises des programmes scolaires : vers une école de la conscience !" qui permet de mieux comprendre le message qu’il souhaite transmettre, ses ambitions et sa vision du système éducatif. L'auteur est également inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche et professeur associé à l’université Descartes.

1- Quel message souhaitez-vous faire passer à travers votre livre ?

Très simplement, mon objectif est d’intéresser les parents, les citoyens, et aussi les professeurs à quelque chose dont on parle souvent mais sans jamais ouvrir la boîte : les programmes d’enseignement. Les parents entendent les professeurs de leurs enfants leur parler du "retard sur le programme", mais on les présente en général comme des décisions tombées d’en haut, qu’on ne discute pas, alors qu’ils sont le résultat de quantité de jugements :  est-ce qu’on réfléchit au fait que dans l’immensité des savoirs possibles, l’école doit décider d’enseigner ceci plutôt que cela ? Et que c’est une responsabilité immense de décider ce qui doit être appris et ce qui sera ignoré.

Ce que les enfants apprennent à l’école ne sert pas en effet qu’à passer des examens, mais forge les esprits, les personnes et la société de demain ! Mon idée est que ce sont des questions en effet primordiales et que ce n’est pas à l’école d’en décider seule dans son coin !

C’est donc un livre pour mettre toutes ces questions dans le débat collectif.

2- Qu’entendez-vous par "école de la conscience" ?

L’humanité est entrée il y a trois siècles dans un développement éblouissant de connaissances scientifiques et de réalisations techniques. On a longtemps été fasciné par ces activités et l’école a été chargée de la transmission de ces savoirs et de la diffusion de la pensée scientifique.

Toutefois au cours du XXe siècle, bien des régimes totalitaires ont eu une activité scientifique et technique de premier plan. Les sciences et les techniques ont servi à plein de projets condamnables. 

Et aujourd’hui on voudrait enseigner cela comme si on était toujours dans l’adoration naïve de la science et de la technique : à l’heure où nos vies sont de plus en plus régentées par des algorithmes, à l’heure où l’intelligence artificielle peut elle-même produire de la connaissance sans avoir besoin des humains, il me semble que l’école doit s’interroger en permanence sur le sens humain de ce qu’elle enseigne. Jamais pour reprendre les mots de Rabelais il n’est apparu aussi nettement que "Science sans conscience n’est que ruine de l’âme".

3- Qu’est-ce qu’une approche curriculaire ?

Voilà un mot, "curriculum", que les lecteurs ne connaissent peut-être pas. Il ne s’agit pas d’un mot magique, mais d’une remarque qui a été faite en de nombreux pays que les "programmes scolaires" semblaient inutilement lourds, mal suivis d’une année à l’autre, trop éclatés entre des disciplines entre lesquelles les élèves voyaient mal les rapports. On a aussi souvent repéré que ce qu’on demandait aux élèves aux examens n’était pas toujours en phase ave...

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