MonChamp.fr : de l'école au champ

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"Une fenêtre ouverte sur un monde peu connu"
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"Une fenêtre ouverte sur un monde peu connu"

"Une fenêtre ouverte sur un monde peu connu"
Professeure de CM1 dans le 5e arrondissement à Paris, Lana Katrangi et sa classe ont échangé l’an dernier avec une agricultrice du Gers dans le cadre du projet pédagogique proposé par MonChamp.fr. Elle raconte les multiples enrichissements de ce lien au long cours entre les élèves et une agricultrice.

1. Comment avez-vous découvert le dispositif de MonChamp.fr ?

Lana Katrangi : Je l’ai connu par le biais du site Passion céréales. Il est possible de visionner une vidéo de présentation puis d’inscrire sa classe immédiatement en ligne. Le fait qu’il y ait un dialogue entre un agriculteur et une classe pendant une année entière m’a séduit..

2. En quoi cet échange vous a-t-il intéressé ainsi que vos élèves ?

L. K. : Déjà, je fais régulièrement des plantations à l’école quel que soit le niveau de la classe, des lentilles, des haricots, des graines de basilic ou des plans de tomate et des bulbes de jacinthe. Cette activité est très enrichissante pour les enfants qui s’y intéressent tous, y compris les plus fragiles. Ils sont motivés et émerveillés, soigneux dans leurs compte-rendu et schémas. Cela permet donc de faire le lien avec le cycle des plantes. En plus, cela embellit notre salle de classe !

Je trouvais également formidable de lier des enfants citadins, de Paris, à un agriculteur(-trice) par le biais de l’outil informatique et l’usage d’Internet. Je trouvais aussi très touchant que des agriculteurs, en dépit de leur lourde charge de travail, puissent être en contact avec des enfants et leur fraicheur. Je voyais enfin cela comme un lien social tissé en dehors des fréquentations habituelles des uns et des autres.

3. Comment se sont déroulés les échanges avec l’agriculteur tout au long de l’année scolaire ?

L. K. : J’ai choisi une agricultrice cultivant un champ de maïs pop-corn dans le Gers. Les enfants étaient ravis et nous avons écrit un premier message avec leurs photos auquel Anne-Marie a répondu très vite. Les élèves m’ont ensuite demandé d’envoyer leur portrait-chinois afin qu’elle les connaisse mieux. Nous avons aussi envoyé des photos de nos plantations, de nos travaux et même de notre petit escargot !

À raison d’un échange de messages sur le site par mois, Anne-Marie nous envoyait des photos au fil des semaines et nous décrivait avec beaucoup de précisions les travaux qu’elle menait et les petits tracas inhérents aux cultures et aux saisons.

Les enfants demandaient des explications sur certains termes employés auxquelles Anne-Marie a toujours répondu avec beaucoup de gentillesse et des explications très précises. J’ai utilisé nos échanges dans différentes matières, géographie, sciences et EMC, plutôt le jeudi après-midi, un temps un peu plus calme dans la semaine. Par rapport aux quelques lignes dans les livres du programme, il s’agit d’un extraordinaire ancrage dans la réalité.

Nous n’avons pas pu visiter son exploitation, malheureusement trop éloignée, mais nous sommes allés chez un grand-père d’élève, céréalier en Ile-de-France, en sortie de fin d’année.

4. Quel est l’intérêt pour les enfants et l’enseignant de cet échange ?

L. K. : Pour les enfants, c’est une fenêtre ouverte sur un monde qu’ils ne connaissent pas vraiment. Ils ont été motivés par les plantations en classe, dans le jardinet de l’école et par l’avancée du projet de l’agricultrice dans « leur » champ. Pour moi, il était très agréable d’échanger avec une adulte sérieuse et motivée.

Je sentais comment cette femme aimait son métier, sa terre et se donnait avec volonté. Durant l’hiver, qui était rude, les photos étaient splendides mais je ne pouvais m’empêcher de penser à la pénibilité de son métier.

5. Quels conseils donneriez-vous aux enseignants souhaitant démarrer cette année ?

L. K. : Les premiers contacts sont importants. Il est essentiel de bien impliquer les enfants afin qu’ils soient affectivement attachés à cet être humain qui travaille la terre pour nourrir les autres. Il ne faut pas non plus hésiter à jardiner en classe, de manière à pouvoir envoyer des photos et productions aux agriculteurs. Un réel échange se met alors en place.

J’ajouterais qu’on peut aussi partager certains travaux d’élèves n’ayant rien à voir avec l’agriculture afin d’impliquer notre interlocuteur dans notre vie de classe. Enfin, nous pouvons l’inviter à venir nous rencontrer et, bien entendu, si c’est possible, aller visiter son exploitation. En tout cas, je suis très motivée à l’idée de faire un nouvel échange cette année.

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